Les prélèvements sociaux sont les contributions qui financent la Sécurité sociale et s'ajoutent à l'impôt sur le revenu. Sur une rente viagère achetée avec un capital, ils atteignent 18,6 % en 2026 au lieu de 17,2 %, mais ce taux ne frappe que la fraction imposable de la rente, entre 30 % et 70 % selon l'âge au premier versement. Le coût réel se situe donc entre 5,58 % et 13,02 % du montant brut.
La hausse provient de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui porte la CSG sur les revenus du patrimoine et de placement de 9,2 % à 10,6 %. La CRDS de 0,5 % et le prélèvement de solidarité de 7,5 % restent inchangés. Le législateur a exclu de la hausse plusieurs revenus, mais les rentes viagères à titre onéreux n'en font pas partie.
Composition du taux appliqué à une rente achetée
Le taux global de 18,6 % se décompose en trois lignes : 10,6 % de CSG, 0,5 % de contribution au remboursement de la dette sociale et 7,5 % de prélèvement de solidarité. Pour une rente à titre onéreux, cette somme s'applique à l'assiette retenue pour l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire la fraction prévue par l'article 158-6 du Code général des impôts.
Quels revenus échappent au relèvement de la CSG ?
Restent à 17,2 % les revenus fonciers des locations nues, les plus-values immobilières des particuliers, les produits des contrats d'assurance-vie et de capitalisation, les intérêts des plans et comptes épargne-logement ouverts avant 2018, ainsi que les produits, rentes viagères et primes des plans d'épargne populaire. Une rente issue d'un ancien PEP conserve donc l'ancien taux.
Le cas particulier des rentes déjà versées en 2025
Les rentes viagères à titre onéreux sont rangées parmi les revenus du patrimoine. Pour cette catégorie, la hausse s'applique aux revenus de 2025 imposés en 2026. Un crédirentier de viager immobilier qui a encaissé ses arrérages l'an dernier verra donc le taux de 18,6 % sur l'avis reçu cet été, même si les sommes ont été perçues avant le vote de la loi.
Comment lire votre relevé de rente
Pour une rente versée par un assureur, les prélèvements sont en principe retenus avant le virement : le net qui arrive sur votre compte en tient déjà compte. Comparez le montant brut, la fraction retenue et le montant prélevé ; si le taux affiché ne correspond pas à votre tranche d'âge, signalez-le au service clients avant la déclaration de printemps.
Taux effectif selon l'âge au premier versement
Le tableau ci-dessous traduit en pourcentage du montant brut l'effet de la hausse pour chaque tranche d'âge. Il montre que l'augmentation reste modérée pour les rentiers qui ont converti tard, puisque leur assiette est réduite à 30 %.
| Âge au premier versement | Fraction soumise | Taux effectif jusqu'en 2025 (17,2 %) | Taux effectif 2026 (18,6 %) |
|---|---|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % | 12,04 % | 13,02 % |
| 50 à 59 ans | 50 % | 8,60 % | 9,30 % |
| 60 à 69 ans | 40 % | 6,88 % | 7,44 % |
| 70 ans et plus | 30 % | 5,16 % | 5,58 % |
Exemple : Gérard, rente de 9 000 € par an depuis ses 66 ans
La fraction soumise de Gérard est de 40 %, soit 3 600 €. À 17,2 %, il acquittait 619,20 € par an ; à 18,6 %, il paie 669,60 €. La hausse lui coûte 50,40 € par an, environ 4,20 € par mois. Elle est réelle, mais très inférieure à ce que laisserait croire l'annonce d'une hausse de 1,4 point appliquée au montant total.
Rentes de PER : deux régimes sociaux distincts
Une rente de PER alimentée par des versements volontaires, déduits ou non, supporte les prélèvements sociaux au taux de 18,6 % sur la fraction à titre onéreux. La rente tirée des versements obligatoires de l'employeur relève au contraire des cotisations sur les revenus de remplacement : CSG, CRDS, contribution de solidarité pour l'autonomie et cotisation maladie de 1 %, soit 10,1 % au taux plein, appliqués sur la totalité.
Rentes à titre gratuit et taux réduits de CSG
Pour les rentes imposées comme des pensions, la CSG n'est pas uniforme : 8,3 % au taux normal, 6,6 % au taux médian, 3,8 % au taux réduit, voire exonération, selon le revenu fiscal de référence et le nombre de parts. La CASA de 0,3 % n'est due qu'aux taux normal et médian. Ces taux n'ont pas été modifiés par la LFSS 2026.
Vérifier et optimiser ses prélèvements en cinq étapes
- Classez chaque rente : onéreuse (assurance-vie, rente achetée, viager, PER volontaire) ou gratuite (Madelin, article 83, PER obligatoire).
- Notez votre âge au premier versement pour connaître la fraction soumise.
- Recalculez le prélèvement attendu : montant brut multiplié par la fraction, puis par 18,6 %.
- Comparez avec le relevé annuel de l'assureur ou, pour un viager, avec l'avis d'imposition.
- En cas d'écart, demandez une rectification à l'organisme payeur ou déposez une réclamation en ligne auprès de votre centre des finances publiques.
Erreurs à éviter avec la nouvelle CSG
- Appliquer 18,6 % au montant total de la rente : seule la fraction est concernée.
- Croire que l'exclusion de l'assurance-vie protège toutes les rentes : la rente viagère à titre onéreux reste visée par la hausse, comme le rappellent les banques dans leurs notes de 2026.
- Oublier un ancien PEP transformé en rente, qui conserve le taux de 17,2 %.
- Négliger l'effet du revenu fiscal de référence sur le taux de CSG des pensions et des rentes gratuites.
Situations qui permettent de payer moins
Un rentier fiscalement domicilié en France mais affilié à l'assurance maladie d'un autre État de l'Union européenne, de l'Espace économique européen ou de la Suisse n'acquitte que le prélèvement de solidarité de 7,5 %. Pour les autres, le levier principal reste l'âge de conversion : passer de 69 à 70 ans fait baisser durablement le taux effectif de 7,44 % à 5,58 %.
Alternatives à étudier avant de convertir
Les retraits partiels sur un contrat d'assurance-vie supportent les prélèvements sociaux uniquement sur la part de gains, au taux maintenu de 17,2 %. Combiner rachats programmés et rente différée peut donc réduire la charge sociale des premières années. Faites chiffrer les deux options par votre assureur ou un courtier avant de signer.
Questions fréquentes sur les prélèvements sociaux de la rente
La hausse de la CSG concerne-t-elle une rente de viager immobilier ? Oui. Les arrérages versés par l'acquéreur sont une rente à titre onéreux ; la fraction imposable supporte 18,6 %, dès l'imposition des rentes de 2025.
La CSG sur ma rente est-elle déductible ? Une partie de la CSG prélevée sur les revenus du patrimoine est déductible du revenu imposable de l'année de paiement ; vérifiez le montant prérempli sur votre déclaration.
Ma rente Madelin est-elle touchée par la hausse ? Non. Elle est traitée comme une pension et supporte la CSG des revenus de remplacement, dont les taux n'ont pas changé en 2026.
Un non-résident paie-t-il ces prélèvements ? Le régime dépend de la résidence fiscale et de l'affiliation sociale ; un non-résident relevant d'un régime européen est en principe redevable du seul prélèvement de solidarité.
Peut-on échapper à la hausse en convertissant avant une date ? Non. Le taux dépend de la date de perception des arrérages, pas de la date de conversion du capital.
Organismes et services à contacter
- Banque Populaire (groupe BPCE) : Banque coopérative distributrice de contrats BPCE Assurances : récapitule les mesures 2026, dont la CSG à 10,6 % sur les rentes viagères à titre onéreux et les PER.
- LCL Banque Privée : Banque privée du groupe Crédit Agricole : explique les conséquences de la hausse de CSG sur les rentes et capitaux issus d'un PER, selon les versements.
