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Viager immobilier

Vendre le logement où l'on vit en viager et continuer à l'habiter

Garder son logement, toucher un bouquet non imposable et une rente à vie : le viager sur résidence principale expliqué avec un exemple chiffré et les règles fiscales 2026.

Barème Daubry : calculer bouquet et rente en 2026
Retraitée souriante dans le salon de son appartement nantais

Mettre sa résidence principale en viager, c'est vendre le logement où l'on vit tout en continuant à l'habiter jusqu'à la fin de sa vie. Le vendeur reçoit un bouquet le jour de l'acte puis une rente mensuelle. C'est la forme de viager la plus répandue en France : elle transforme un patrimoine immobilier en revenus sans déménager.

Ce montage répond à une situation fréquente : une retraite modeste, un logement payé depuis longtemps et le souhait de rester dans son quartier. La fiscalité y est particulièrement favorable, puisque la plus-value éventuelle sur la résidence principale est exonérée et que la rente n'est imposée que sur une fraction qui dépend de l'âge.

Rester chez soi : droit d'usage et d'habitation ou usufruit ?

Deux droits permettent de garder son logement. Le droit d'usage et d'habitation autorise à y vivre, avec son conjoint et sa famille, mais pas à le louer. L'usufruit va plus loin : il permet aussi de louer et d'encaisser les loyers. Plus le droit réservé est large, plus la décote est importante et plus le bouquet et la rente diminuent.

Ce que change chaque option au quotidien

Avec un droit d'usage, l'occupant paie l'entretien, l'énergie et les charges récupérables ; l'acheteur, devenu propriétaire, règle la taxe foncière et les gros travaux. Avec un usufruit, la taxe foncière est établie au nom de l'usufruitier selon l'article 1400 du Code général des impôts. L'acte peut aménager ces règles, et c'est souvent là que se négocie la rente.

Exemple : une veuve de 82 ans à Nantes

Madame L. vit dans un appartement de 70 m² estimé 250 000 euros libre. Elle se réserve un droit d'usage et d'habitation. Après décote, la valeur occupée retenue est d'environ 165 000 euros. Elle choisit un bouquet de 40 000 euros pour financer l'aménagement de sa salle de bains, et le solde est converti en rente d'environ 900 euros par mois via le barème Daubry.

Ce qu'elle déclarera aux impôts

La rente annuelle de 10 800 euros n'est imposable qu'à hauteur de 30 %, car Madame L. avait plus de 69 ans au premier versement (article 158-6 du CGI). Elle déclare donc 3 240 euros. Les prélèvements sociaux s'appliquent sur cette même fraction. Le bouquet, lui, n'est pas un revenu : c'est une partie du prix de vente.

Âge du vendeur au premier versementFraction de la rente imposable
Moins de 50 ans70 %
De 50 à 59 ans50 %
De 60 à 69 ans40 %
À partir de 70 ans30 %

Exonération de plus-value : pourquoi la résidence principale est avantagée

L'article 150 U du CGI exonère la plus-value réalisée lors de la cession de la résidence principale, sans condition de durée de détention. L'administration admet que cette exonération s'applique aussi lorsque le vendeur ne cède que la nue-propriété et conserve l'usufruit, dès lors que le logement est bien sa résidence principale à la date de la vente.

Les conditions à respecter le jour de la vente

Le logement doit être votre résidence habituelle et effective, occupée la majeure partie de l'année. Une résidence occupée seulement quelques mois avant la vente ne suffit pas. Les dépendances immédiates vendues en même temps, comme une cave ou un garage, profitent de la même exonération.

Le cas du départ en établissement

Si vous êtes déjà entré en maison de retraite médicalisée et que le logement est vide, l'exonération reste possible lorsque la vente intervient dans les deux ans suivant l'entrée, sous conditions de revenus et à condition de ne pas être redevable de l'impôt sur la fortune immobilière. Le notaire vérifie ces critères avant la signature.

Et si je pars après la vente ?

Le contrat prévoit généralement une majoration de la rente si vous libérez le logement de façon anticipée. Faites préciser le pourcentage, souvent négocié entre 30 et 50 %, ainsi que le délai de prévenance.

Mettre sa résidence principale en viager : la marche à suivre

  1. Clarifier votre besoin : un capital immédiat, un complément mensuel, ou les deux.
  2. Parler du projet à vos proches, sans obligation d'obtenir leur accord.
  3. Faire estimer le logement par un professionnel qui le visite.
  4. Comparer au moins deux propositions d'agences spécialisées en viager.
  5. Choisir entre droit d'usage et usufruit, et fixer la majoration en cas de départ.
  6. Faire relire par votre propre notaire la clause résolutoire, l'indexation et la répartition des charges.
  7. Signer l'acte, encaisser le bouquet et mettre en place le virement mensuel de la rente.

Protéger le conjoint ou le partenaire

Si vous vivez à deux, le viager doit être constitué sur deux têtes : le survivant conserve le logement et l'intégralité de la rente. Un concubin non propriétaire peut aussi être protégé, à condition que l'acte le désigne expressément comme bénéficiaire du droit d'occupation.

Aides sociales et rente viagère

La rente compte dans les ressources prises en compte pour certaines prestations sous conditions de revenus, comme l'allocation de solidarité aux personnes âgées. Avant de signer, demandez une simulation à votre caisse de retraite pour mesurer l'effet de la rente sur vos droits.

Ne pas confondre avec une donation

Une vente à un proche à un prix dérisoire peut être requalifiée en donation. Un prix fondé sur une estimation sérieuse écarte ce risque.

Erreurs à éviter et solutions de repli

La plus fréquente consiste à signer avec le premier acquéreur sans comparer les offres : les écarts de rente pour un même logement peuvent être importants. Autre faute : oublier l'indexation, qui laisse la rente perdre de sa valeur. Enfin, une clause de départ anticipé absente ou floue peut vous priver de revenus le jour où vous entrez en établissement.

Quand aucun acheteur ne suit

Un logement très énergivore ou situé dans une copropriété fragile se vend plus difficilement. Réaliser d'abord les travaux les plus visibles, augmenter le bouquet ou opter pour une vente à terme occupée sur dix ou quinze ans permet souvent de relancer l'intérêt.

D'autres pistes pour rester chez soi

La vente en nue-propriété avec usufruit viager ne prévoit pas de rente mais un capital plus élevé. Le prêt viager hypothécaire avance des fonds sans vente. Pour des besoins limités, les aides à l'adaptation du logement peuvent suffire.

Se faire accompagner

Un conseiller en viager et votre notaire forment le duo le plus sûr. Un avocat peut intervenir si la situation familiale est conflictuelle.

Questions fréquentes sur le viager de la résidence principale

Le bouquet est-il imposable ? Non. Il fait partie du prix de vente, et la plus-value éventuelle sur la résidence principale est exonérée.

Puis-je héberger un enfant après la vente ? Oui, le droit d'usage et d'habitation permet de vivre avec sa famille. En revanche, vous ne pouvez pas louer le logement à un tiers.

Que deviennent mes meubles ? Ils restent votre propriété. Seul le logement est vendu, sauf mention contraire dans l'acte.

Puis-je vendre ma résidence principale en viager si j'ai encore un crédit ? Oui. Le bouquet sert alors à rembourser le prêt restant, et le notaire lève l'hypothèque lors de la vente.

La rente est-elle garantie si l'acheteur décède ? Oui, l'obligation passe à ses héritiers, qui doivent continuer à verser la rente ou revendre le bien en la reprenant.

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