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Rente viagère financière

Du PER collectif d'entreprise à la rente de retraite

Participation, abondement plafonné à 16 % du PASS, jours de repos : comment un PER collectif bien alimenté devient une rente à vie au départ en retraite.

Barème Daubry : calculer bouquet et rente en 2026
Salariée affectant sa prime d'intéressement au PER collectif de son entreprise

Le PER d'entreprise collectif, appelé PERECO ou PERCOL, est le plan d'épargne retraite que l'employeur ouvre à l'ensemble de ses salariés. À la retraite, son épargne peut être convertie en rente viagère, retirée en capital ou partagée entre les deux. La rente transforme ainsi la participation, l'intéressement et l'abondement accumulés pendant la carrière en revenu garanti à vie.

Créé par la loi Pacte pour remplacer le PERCO, ce plan doit être proposé à tous les salariés, avec une condition d'ancienneté de trois mois au plus. L'entreprise qui l'installe doit aussi disposer d'un plan d'épargne entreprise. Pour le salarié, l'adhésion reste facultative, mais elle est souvent automatique dès qu'il affecte une prime au plan.

D'où vient l'argent qui financera la rente

Le PERECO reçoit des sommes de nature différente, rangées dans deux compartiments. Le compartiment 2 accueille l'épargne salariale : participation, intéressement, prime de partage de la valeur, abondement et jours de repos non pris. Le compartiment 1 reçoit les versements volontaires du salarié, déductibles de son revenu dans la limite du plafond épargne retraite.

SourceFiscalité à l'entrée pour le salariéImposition de la rente
Participation, intéressementExonérés d'impôt sur le revenu s'ils sont placésFraction selon l'âge, 18,6 % de prélèvements sur cette fraction
Abondement de l'employeurExonéré d'impôt, dans la limite de 16 % du PASS par anFraction selon l'âge
Jours de repos non prisJusqu'à 10 jours par an en franchise d'impôt et de cotisationsFraction selon l'âge
Versements volontaires déduitsDéduits du revenu imposableComme une pension, après abattement de 10 %

Le plafond de l'abondement en 2026

L'abondement annuel est limité à 16 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 7 689,60 euros en 2026, et ne peut dépasser le triple des versements du salarié. Un accord qui abonde à 300 % un versement de 800 euros apporte donc 2 400 euros. Pour une rente future, ce complément est souvent la source la plus rentable du plan.

Amina, 45 ans, bâtit sa rente en vingt ans

Amina place chaque année 1 500 euros d'intéressement, cinq jours de repos valorisés à 750 euros et 800 euros de versements personnels, abondés de 2 400 euros. Elle épargne 5 450 euros par an, dont 3 650 euros apportés par son entreprise ou exonérés. Si le plan rapporte 3 % par an, elle disposerait d'environ 146 000 euros à 65 ans.

Ce que donnerait la conversion

Avec un taux de conversion hypothétique de 4,5 % à 65 ans, ce capital produirait près de 6 600 euros de rente annuelle, soit 550 euros par mois. La part issue de l'épargne salariale serait imposée sur 40 % seulement, la part déduite comme une pension. Amina peut aussi garder une partie en capital pour financer des travaux au moment du départ.

Ce chiffre n'est qu'une projection : il suppose des primes constantes et un rendement régulier. Il montre surtout le poids de l'abondement, qui représente à lui seul près de 44 % des sommes placées chaque année. Un salarié qui ne verse rien personnellement renonce à cette part, alors qu'elle constitue la meilleure base pour une rente future.

La gestion pilotée, garde-fou de la future rente

Par défaut, l'épargne d'un PERECO est placée en gestion pilotée : elle est investie en actifs dynamiques loin de la retraite, puis sécurisée progressivement. Ce mécanisme protège le montant qui servira de base au calcul de la rente. Malakoff Humanis Épargne décrit ainsi une allocation ajustée à l'âge prévu de départ, avec une gestion libre en option.

Le point de vue de l'employeur

Pour l'entreprise, l'abondement est exonéré de cotisations sociales mais soumis au forfait social, ramené à 16 % lorsque la gestion pilotée par défaut comprend une part minimale de titres de PME et d'ETI. L'abondement est déductible du résultat. Mettre en avant la rente, et pas seulement le capital, aide les salariés à percevoir le plan comme un vrai complément de retraite.

Quitter l'entreprise sans perdre son épargne

Les droits acquis restent au salarié qui part. Il peut les laisser dans le PERECO, où les frais de tenue de compte deviennent souvent à sa charge, ou les transférer vers le PER de son nouvel employeur ou vers un PER individuel. CORUM PERLife indique par exemple accepter les transferts de PERCOL, PERCO et PERO.

Le transfert garde la nature des sommes

Dans le plan d'accueil, la participation et l'abondement restent dans le compartiment de l'épargne salariale. La fiscalité de leur future rente ne change donc pas. Le transfert d'un PER détenu depuis plus de cinq ans est gratuit, et ses frais restent plafonnés à 1 % pendant les cinq premières années.

Erreurs fréquentes et refus de déblocage

De nombreux salariés laissent leur prime d'intéressement être versée par défaut sur le plan sans le savoir, puis découvrent qu'elle est bloquée jusqu'à la retraite. D'autres demandent un déblocage anticipé pour un motif non prévu, comme le financement d'études ou de travaux hors résidence principale : la demande est alors refusée par le teneur de compte.

  1. Lisez le règlement du PERECO et l'accord d'intéressement de votre entreprise.
  2. Choisissez chaque année l'affectation de vos primes dans le délai indiqué.
  3. Versez au moins le montant qui déclenche l'abondement maximal.
  4. Vérifiez le profil de gestion pilotée attribué par défaut.
  5. À l'approche de la retraite, demandez une simulation de rente et de capital.
  6. Faites liquider la rente par l'assureur partenaire du teneur de compte.

Solutions et alternatives

Si vous avez besoin de liquidités avant la retraite, affectez une partie de vos primes au PEE, disponible au bout de cinq ans, plutôt qu'au PERECO. Pour l'achat de la résidence principale, le PERECO se débloque sur les versements volontaires et l'épargne salariale. Les retraités propriétaires peuvent aussi compléter la rente par un viager occupé ou une vente à terme.

Autre solution utile : demander à l'assureur une rente par paliers, plus élevée pendant les premières années de retraite, quand les dépenses de loisirs et de déplacements sont fortes, puis réduite ensuite. Ce choix convient aux salariés qui disposent par ailleurs d'une pension de base solide et veulent profiter de leur épargne collective dès le départ.

Questions fréquentes sur la rente d'un PER collectif

Le PERECO est-il obligatoire pour les salariés ? Non. L'entreprise doit le proposer à tous, mais chaque salarié décide d'y verser ou non ses primes et son épargne personnelle.

Peut-on sortir tout le PERECO en rente ? Oui. L'ensemble des compartiments 1 et 2 peut être converti en rente viagère, avec réversion ou annuités garanties si l'assureur le propose.

Les jours de repos versés au plan sont-ils imposés ? Jusqu'à dix jours par an, ils sont placés en franchise d'impôt et de cotisations sociales. Ils ne seront taxés qu'à la sortie, selon le mode choisi.

Que devient mon plan si l'entreprise ferme ? L'épargne est conservée par le teneur de compte, distinct de l'employeur. Elle reste disponible à la retraite et peut être transférée.

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