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Rente viagère financière

Choisir le pourcentage de rente que touchera votre conjoint

Le pourcentage reversé au survivant détermine à la fois son futur revenu et la rente que vous percevez aujourd'hui. Chiffres, méthode de calcul et pièges à éviter avant de signer.

Barème Daubry : calculer bouquet et rente en 2026
Retraité comparant plusieurs simulations de taux de réversion sur une calculatrice

Le taux de réversion est le pourcentage de la rente viagère qui continuera d'être versé au bénéficiaire désigné après le décès du rentier. À 60 %, un conjoint touchera 600 € sur une rente de 1 000 € ; à 100 %, il conservera l'intégralité du montant. Ce taux se fixe une fois pour toutes, au moment où le capital est converti en rente.

Les assureurs proposent le plus souvent 60 % et 100 %, parfois 50 %, 80 % ou même 120 % : la MACSF offre par exemple les quatre paliers 60, 80, 100 et 120 % sur son plan d'épargne retraite. Plus le pourcentage est élevé, plus la rente servie au titulaire de son vivant est réduite, puisque l'assureur doit financer une période de versement plus longue.

Combien touche le survivant selon le pourcentage retenu ?

Le calcul du montant reversé est une simple multiplication, appliquée à la dernière rente versée, revalorisations comprises. La difficulté est ailleurs : chaque palier modifie aussi la rente de départ du titulaire. Le tableau ci-dessous part d'une rente de base de 1 000 € par mois, pour visualiser ce que deviendrait le revenu du foyer après le premier décès.

Taux choisiRente mensuelle du survivantProfil pour lequel ce taux est souvent retenu
50 %500 €Conjoint disposant d'une retraite personnelle confortable
60 %600 €Couple dont les dépenses baissent d'environ un tiers après un décès
80 %800 €Survivant propriétaire mais avec peu de pension propre
100 %1 000 €Conjoint sans revenu propre ou locataire
120 %1 200 €Survivant qui devra financer une aide à domicile

Pourquoi 60 % est devenu le taux de référence

Ce niveau reprend celui de la pension de réversion des complémentaires Agirc-Arrco, qui est de 60 % des points du défunt, tandis que le régime général verse 54 % de la pension de base. Il correspond à l'idée qu'une personne seule supporte environ les deux tiers des charges d'un couple : logement, énergie et assurance ne diminuent pas de moitié.

Le coût réel d'un taux élevé

Dans l'exemple publié par La Banque Postale pour un capital de 100 000 €, une réversion à 60 % au profit d'une personne du même âge fait passer la rente annuelle de 4 900 € à 4 300 € à 65 ans, soit environ 12 % de moins. Avec un taux de 100 %, ou un bénéficiaire nettement plus jeune, la baisse serait plus marquée.

L'écart d'âge, facteur décisif

Le taux et l'âge du bénéficiaire se combinent. Une réversion à 100 % au profit d'une épouse de cinq ans plus jeune coûte bien davantage qu'une réversion à 60 % au profit d'un mari du même âge, car l'espérance de vie féminine est plus longue : 85,7 ans à la naissance contre 80 ans pour les hommes en 2023 selon l'Insee.

Méthode pour choisir le bon taux

Le pourcentage ne se décide pas au feeling. Il se déduit du budget du futur survivant, de ses ressources propres et de ses charges fixes. Une simulation chiffrée, demandée à au moins deux assureurs, permet ensuite de mesurer ce que coûte chaque palier sur le revenu du couple pendant les années vécues à deux.

  1. Lister les ressources que conservera chacun des conjoints : pension de base, complémentaire, pension de réversion légale, revenus locatifs.
  2. Évaluer les charges incompressibles d'une personne seule : loyer ou charges de copropriété, taxe foncière, mutuelle, énergie, aide éventuelle.
  3. Calculer le manque mensuel et le rapporter à la rente : un manque de 450 € sur une rente de 750 € justifie un taux de 60 %.
  4. Demander des simulations à 60 %, 80 % et 100 % avec les dates de naissance exactes du bénéficiaire.
  5. Comparer la perte de revenu cumulée du vivant des deux conjoints avec le gain attendu pour le survivant.

Exemple d'arbitrage dans un couple

Annie, 67 ans, dispose d'une pension de 1 900 € ; Gérard, 70 ans, de 1 300 €. Gérard convertit un capital en rente. Si Annie lui survit, ses propres revenus couvrent l'essentiel de ses charges : un taux de 60 % suffit. Si c'est Gérard qui reste seul, son budget serait plus tendu, mais la réversion ne joue que dans un sens : seule la rente du titulaire est transmissible.

Quand deux rentes croisées valent mieux qu'une

Lorsque chaque conjoint dispose d'une épargne retraite, chacun peut liquider sa propre rente au profit de l'autre, avec des taux différents. Celui qui a la plus faible pension personnelle reçoit alors la protection la plus forte. Cette symétrie évite de faire porter tout le coût de la réversion sur un seul contrat.

Le taux supérieur à 100 % : dans quels cas ?

Un taux de 120 % peut sembler paradoxal. Il sert lorsque le survivant, souvent plus âgé ou fragile, devra payer une aide à domicile ou un hébergement. Il est rare et réduit sensiblement la rente initiale : il faut le comparer avec une option dépendance, qui double la rente en cas de perte d'autonomie chez certains assureurs.

Erreurs fréquentes autour du taux de réversion

Beaucoup d'épargnants choisissent 100 % par réflexe, sans constater qu'ils se privent d'une partie importante de leur revenu pendant les années vécues à deux, souvent les plus coûteuses en loisirs et en voyages. D'autres retiennent 60 % sans savoir que la pension de réversion légale est soumise, au régime général, à des conditions de ressources.

Ce que le taux ne change pas

Le pourcentage retenu n'a pas d'effet sur la fiscalité : la fraction imposable reste celle déterminée par l'âge du premier rentier lors de l'entrée en jouissance (CGI art. 158-6), et les prélèvements sociaux, portés à 18,6 % en 2026 pour les rentes à titre onéreux, s'appliquent sur cette fraction. Pour une rente issue de versements déduits d'un PER, le régime des pensions s'applique avec un abattement de 10 %.

Questions fréquentes

Peut-on choisir 70 % ou 75 % ? Seulement si le contrat le prévoit. Les notices d'information indiquent les paliers autorisés ; certains assureurs acceptent tout taux entre 50 % et 100 %, d'autres seulement deux valeurs.

Le taux s'applique-t-il à la rente revalorisée ? Oui, il porte sur le montant atteint au jour du décès, après les revalorisations annuelles éventuellement servies par le fonds en euros.

Une réversion à 100 % coûte-t-elle deux fois plus qu'à 50 % ? Non. La baisse de la rente initiale n'est pas proportionnelle au taux : elle dépend surtout de la probabilité que le bénéficiaire survive au rentier et de la durée de cette survie.

Un enfant peut-il recevoir un taux différent du conjoint ? Le plus souvent, un seul réversataire est accepté. Pour protéger plusieurs personnes avec des pourcentages distincts, il faut fractionner le capital entre plusieurs rentes.

Faut-il un accord du conjoint ? Pas pour choisir le taux, mais en régime de communauté, le capital investi est souvent commun : une rente non réversible peut alors être discutée lors de la liquidation de la succession.

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