Le taux de conversion est le rapport entre la rente annuelle brute et le capital transformé. Un taux de 4 % signifie que 100 000 € procurent 4 000 € par an, versés jusqu'au décès. Ce pourcentage n'est pas un rendement : il intègre le remboursement progressif de votre propre capital, la durée de vie probable calculée par l'assureur, un taux d'intérêt garanti et les frais prélevés sur chaque versement.
En France, ce calcul obéit au Code des assurances. Les assureurs utilisent des tables de mortalité réglementaires et un taux technique plafonné par la réglementation. Depuis l'arrêt Test-Achats de la Cour de justice de l'Union européenne, les contrats souscrits à partir du 21 décembre 2012 doivent être tarifés de façon identique pour les hommes et les femmes, ce qui conduit la plupart des assureurs à retenir la table féminine.
Les quatre paramètres du calcul actuariel
L'assureur part du capital net de frais, le divise par un coefficient qui représente la valeur actuelle d'un euro de rente versé à vie, puis déduit ses frais d'arrérages. Ce coefficient dépend de la table de mortalité, de votre âge et de votre année de naissance, du taux technique et des options choisies, comme la réversion ou les annuités garanties.
Tables TGH05 et TGF05 : pourquoi elles allongent la durée de vie
Homologuées par un arrêté du 1er août 2006, les tables TGH05 pour les hommes et TGF05 pour les femmes sont générationnelles : elles prévoient une durée de vie plus longue pour chaque génération plus récente. Elles sont aussi prudentes, avec des espérances de vie supérieures de deux à trois ans environ aux statistiques de l'Insee, selon les analyses publiées par des cabinets de conseil.
La garantie de table, une protection pour les épargnants jeunes
Certains contrats proposent de figer, dès l'adhésion, la table qui servira au calcul de la rente. BNP Paribas Cardif présente ainsi une garantie table de mortalité, optionnelle, sur son PER Cardif Elite Retraite. Elle évite qu'une future table, encore plus longue, ne réduise votre rente si vous convertissez dans quinze ou vingt ans. Vérifiez son coût et sa durée de validité dans la notice.
Unisexe ne veut pas dire neutre
La tarification unisexe a augmenté le coût de la rente pour les hommes, désormais calculée sur une longévité féminine. Un homme de 65 ans en bonne santé paie donc implicitement une mutualisation plus large qu'avant 2012. Un contrat ancien, signé avant cette date et prévoyant une table masculine, peut à l'inverse être précieux : ne le transférez pas sans comparer.
Taux technique : rente plus forte aujourd'hui, moins de hausses demain
Le taux technique est un rendement anticipé, garanti dès le départ et intégré au premier versement. Avec un taux de 1,5 %, l'assureur vous verse d'emblée une partie des intérêts futurs ; avec un taux nul, la rente initiale est plus faible, mais la participation aux bénéfices peut ensuite la revaloriser. La plupart des contrats récents retiennent un taux technique nul.
Grille indicative à taux technique nul
Le tableau reprend des ordres de grandeur publiés en 2026 par le cabinet Hagnéré Patrimoine, pour 100 000 € convertis, avec un taux technique nul et 0,5 % de frais d'arrérages. Selon ce cabinet, l'écart entre assureurs atteint 10 à 15 % : demandez toujours plusieurs propositions écrites.
| Situation à la conversion | Taux annuel brut indicatif | Rente annuelle pour 100 000 € | Années nécessaires pour retrouver le capital |
|---|---|---|---|
| 65 ans, rente simple | 3,8 % | 3 800 € | 26,3 ans |
| 65 ans, réversion à 60 % au conjoint | 3,6 % | 3 600 € | 27,8 ans |
| 70 ans, rente simple | 4,5 % | 4 500 € | 22,2 ans |
Frais d'arrérages : le dernier étage du calcul
Ces frais sont retenus sur chaque versement et vont de zéro à 3 % selon les contrats. Sur une rente brute de 4 000 €, 3 % représentent 120 € par an, soit 3 000 € sur vingt-cinq ans. Une rente modeste peut aussi supporter un montant fixe par versement, de quelques euros, qui pèse proportionnellement davantage lorsque les arrérages sont mensuels. Certains contrats y ajoutent des frais de gestion annuels sur l'encours pendant la phase de rente : additionnez les deux pour comparer.
Exemple : deux offres pour Martine, 68 ans
Martine reçoit deux propositions pour 120 000 €. L'offre A affiche 4,4 % avec un taux technique de 1 % et 3 % de frais d'arrérages ; l'offre B affiche 4,1 % avec un taux nul et aucun frais d'arrérages. Net de frais, A verse environ 5 122 € et B 4 920 €. A rapporte plus au départ, mais B garde davantage de marge pour être revalorisée.
Obtenir le meilleur taux : la marche à suivre
- Demandez à votre assureur actuel la table, le taux technique et les frais d'arrérages qui s'appliqueraient à votre conversion.
- Faites établir au moins deux autres devis, à date et options identiques, par un autre assureur ou un courtier.
- Comparez la rente nette de frais et la règle de revalorisation, pas seulement le pourcentage affiché.
- Vérifiez si votre contrat garantit une table ou un taux plus favorable que le tarif du jour.
- Envisagez un transfert de PER avant la liquidation si l'offre concurrente est nettement meilleure.
Erreurs fréquentes face à un taux de conversion
- Comparer un taux brut avec un taux net de frais.
- Confondre taux de conversion et rendement : à 4 %, il faut 25 ans pour récupérer sa mise.
- Oublier que chaque option, réversion ou annuités garanties, réduit le taux.
- Abandonner un contrat ancien doté d'une table ou d'un taux garanti avantageux.
Alternatives quand le taux paraît trop faible
Différer la conversion de quelques années augmente mécaniquement le taux, tout en laissant le capital investi. Une sortie partielle en capital couvre les besoins immédiats et ne convertit que le solde. Pour un propriétaire, la vente en viager occupé repose sur un autre barème, comme le barème Daubry, et ne consomme pas l'épargne financière.
Le rôle des intermédiaires
Un courtier ou un conseiller en gestion de patrimoine peut interroger plusieurs assureurs pour une rente immédiate. Exigez une proposition écrite mentionnant la table, le taux technique, les frais et la date de validité de l'offre.
Questions fréquentes sur le taux de conversion
Le taux de conversion est-il garanti à la souscription ? Généralement non : il est fixé au jour de la liquidation, sauf garantie de table ou de taux inscrite au contrat.
Mon état de santé modifie-t-il le taux ? En règle générale non : la tarification repose sur les tables réglementaires, pas sur un examen médical.
Pourquoi le taux augmente-t-il avec l'âge ? Parce que la durée de versement probable diminue : le même capital se répartit sur moins d'années.
Puis-je négocier le taux proposé par mon assureur ? Le tarif lui-même se négocie rarement, mais la mise en concurrence, le transfert d'un PER avant liquidation ou le choix d'options moins coûteuses permettent souvent de gagner plusieurs dizaines d'euros par an.
Un taux technique élevé est-il toujours préférable ? Non. Il améliore la rente initiale, mais limite les revalorisations ultérieures ; sur une longue retraite, l'inflation peut inverser l'avantage.
Organismes et services à contacter
- Hagnéré Patrimoine : Cabinet de conseil en gestion de patrimoine : publie des taux de conversion indicatifs par âge, l'effet des tables TGF05 et des frais d'arrérages.
- BNP Paribas Cardif : Assureur du groupe BNP Paribas : son PER Cardif Elite Retraite propose rentes simple, réversible, à annuités garanties ou par paliers et une garantie de table.
